EN CONCLUSION : L'IMAGINATION

Chercheurs scientifiques morts à cause de la politique du gouvernement, à la manif du 29 janvier 2009 à Paris

 

À la Gay Pride en 2008 à Paris

Le jeune Einstein s'imaginait chevauchant un photon

La vitesse de la lumière en effet, reste constante quelles que soient les vitesses relatives. Alors quel est le « point de vue » depuis un objet qui se déplace à cette vitesse ? Pour maintenir cette constance, des variations compensatoires de l'espace et / ou du temps sont nécessaires. Si le film du déplacement ralentit (le temps s'allonge), alors il faut que les distances raccourcissent, et réciproquement si le film accélère (le temps raccourcit) alors il faut que les distances s'allongent. Il n'y a pas deux curseurs, un pour l'espace et un pour le temps, mais un seul bouton rond, dont l'angle de rotation fait varier les proportions relatives d'espace et de temps. Aux extrêmes, un temps nul s'accompagne d'un temps infini, et réciproquement, un espace nul s'accompagne d'un temps infini. Ce qui signifie qu'un corps massif demanderait une énergie (une accélération) infinie pour atteindre la vitesse de la lumière. C'est-à-dire le franchissement d'un espace (ou d'un temps) infini, ou d'un quelconque équivalent intermédiaire. Ce qui signifie aussi que la masse de ce corps tendrait elle aussi vers l'infini, pour cause d'accélération qui tend vers l'infini.

 

Pourquoi ne pas ressortir le photon d'Einstein de son garage ?

Pourquoi l'imagination ne déboucherait sur des résultats fructueux seulement lorsqu'il s'agit des travaux de personnalités reconnues du passé ? Sans travail rationnel de l'imagination, sans conceptualisation, il n'y a pas d'idées nouvelles en sciences naturelles, comme en sciences humaines. Avec les seuls repères officiels il est possible de développer des paradigmes existants, mais il est impossible d'en inventer de nouveaux.

Pourquoi les élèves, les étudiants, ne ressentent-ils pas la nécessité de se munir d'une panoplie d'outils, de méthodologies efficaces, pour accoucher de leurs intuitions ? Peut-être parce que leurs propres idées sont considérées comme quantité négligeable.

Une école qui oppose la raison en général à l'imagination particulière des individus se vit comme une contrainte, devant laquelle il faut étouffer sa créativité pour adopter certaines structures de personnalité, qui permettent de réussir sa scolarité. Pourtant l'idéal serait de pouvoir tester à l'école un grand nombre de matières différentes, jusqu'à en trouver au moins une passionnante, à laquelle l'élève sent intuitivement qu'il peut apporter quelque chose de neuf. Mais pour se lancer dans cette matière, il faut savoir lire, écrire, compter, dialoguer, étudier longuement... Autant de « contraintes » qui n'en sont pas, dans la mesure où elles permettent de progresser dans une recherche personnelle. Les autres, la nature, l'univers, ne se limitent pas à ce que nous en connaissons. Il faut utiliser les découvertes passées comme des outils qui permettent de chercher, de tester des explications nouvelles, plus satisfaisantes que les modèles en vogue.

À l'enseignement classique devrait s'ajouter un temps consacré à apprendre à publier dans le blog de l'école des dessins, des histoires, des interrogations personnelles. Dès le plus jeune âge les enfants devraient apprendre à marcher dans les sentiers battus et à en sortir. C'est le développement de leur personnalité qui ensuite en fera plutôt des experts en matières connues ou plutôt des explorateurs chevronnés.

Il est bien sûr plus facile pour l'État de prévoir le comportement d'un troupeau de moutons que celui d'une population d'einsteins aux productions imaginatives inattendues. Mais l'abrutissement n'est une vertu que pour les abrutis. Pourvu que la transparence règne dans le bouillonnement créatif général, les dérives seront visibles et elles pourront être corrigées. Notons au passage que les diplômes ne procurent pas à l'État un réel moyen de contrôle sur la bonne marche du pays : qui prétend que l'argent qui transite par les paradis fiscaux est rarement le fait de diplômés ? Notons aussi que la quantité de titres ne correspond pas à la quantité de créativité, les critères de sélection dans le système éducatif sont à revoir. Il n'est pas rare que des sans-grade produisent de la culture, tandis que des savants patentés transmettent de la culture sans en créer.

Quel pouvoir peut se targuer « d'orienter » une recherche qui passe son temps à naviguer à vue dans l'inconnu ? Il est au mieux possible de planifier des améliorations de la bougie, de quelque chose de connu, avec des budgets et une organisation à la hauteur des objectifs poursuivis. Mais, avant son invention, impossible de programmer l'amélioration de l'ampoule électrique. Petites ou grandes, les découvertes demeurent des actes parfaitement libertaires, qui échappent aux « orientations » officielles. L'État doit composer avec leur imprévisibilité.

Nul ne peut dès à présent gérer des connaissances et des technologies à venir dont nous ignorons tout, jusqu'à leur existence. Personne ne le peut, pas même dans les ministères et les académies. La recherche de vraies innovations est libre, libertaire, où elle n'est pas.

 

À la Techno parade en 2008 à Paris

 

À la fête de la musique en 2008 à Paris