« Avant » l'existence de l'univers, c'est le néant qui existe. Il y a alors « dans » le néant autre chose que lui-même, qui en « casse » la pureté. C'est l'existence de sa propre existence - l'existence d'autre chose que l'existence du néant.
Il y a ainsi trois choses à ne pas confondre :
Oui lorsqu'il n'y a « rien » il y a le néant. Mais il n'y a pas que le néant. Il y a aussi l'existence du néant et en plus il y l'existence de l'existence du néant.
Poursuivons, il y a :
Et ainsi de suite jusqu'à la consommation des temps. Rien de ce qui existe ne peut être dépourvu d'existence. Si le néant existe, alors il possède une existence, qui elle même possède une existence, qui elle même...
Bref, le néant n'existe pas « tout seul ». Il y a d'une part l'existence du néant, c'est-à-dire qu'il a le néant lui-même. Et il y a d'autre part les existences successives de l'existence du néant, c'est-à-dire l'existence d'autre chose que le néant. Il y a d'une part le néant et il y a d'autre part sa négation.
...donc sa négation possède une étendue et une durée. Les existences successives du néant, c'est l'univers. L'existence du néant et l'existence des existences successives du néant sont distinctes, mais elles constituent ensemble les deux pôles d'une unité dialectique.
Il y a dans les existences successives du néant quelque chose qui s'étend, qui dure. Il y a ainsi unicité, interdépendance, dialectique, entre le néant, l'espace et le temps.
En outre l'univers ne peut pas se néantiser, puisque sa néantisation entraînerait la création d'une suite d'existences successives du néant. C'est-à-dire que sa néantisation entraînerait la création de... lui-même.
Notre félicité métaphysique sera à son comble lorsque nous saurons que du latin « res », qui signifie « chose », proviennent les mots « rien » et « réel ». Des dizaines et des dizaines de générations successives ont ainsi fait pousser, par les évolutions de leur langage, les mots « rien » et « réel » comme deux branches d'un même arbre. Il y a là une sorte de réflexion collective inconsciente, qui semble exprimer la dialectique inexistant / existant.