LA DIALECTIQUE DU NÉANT

Et cette brave bête, que pense-t-elle de la dialectique du néant ?

 

Des univers parallèles, nous sommes passés à un seul univers. Puis des particules relatives se ramènent dans l'absolu à une seule particule. Continuons dans cette logique et enlevons la particule : il ne reste plus que le néant.

Mais le néant existe-t-il ? À cette question la cohérence universelle répond « oui mais »... Oui le néant existe, mais cette existence fait exister autre chose que le néant, ce qui donne l'espace et le temps.

 

S'il y a « rien », c'est qu'il n'y a pas vraiment « rien », puisque il y a tout de même « rien »

  • Ou bien il y a « quelque chose » et dans ce cas, manifestement, il n'y a pas de néant.
  • Ou bien il n'y a rien et dans ce cas... il y a quand même une existence. Il existe « rien ». S'il n'existe pas « rien », alors il existe nécessairement quelque chose dans « rien ». Soit « rien » existe, soit quelque chose d'autre que « rien » existe. Le « pur néant » au sens de « pur inexistant » n'existe pas. Il est toujours « cassé » par une existence : celle de rien ou celle de quelque chose d'autre que rien.

« Avant » l'existence de l'univers, c'est le néant qui existe. Il y a alors « dans » le néant autre chose que lui-même, qui en « casse » la pureté. C'est l'existence de sa propre existence - l'existence d'autre chose que l'existence du néant.

Il y a ainsi trois choses à ne pas confondre :

  • Le néant
  • L'existence du néant
  • Et une troisième chose : l'existence de l'existence du néant

Oui lorsqu'il n'y a « rien » il y a le néant. Mais il n'y a pas que le néant. Il y a aussi l'existence du néant et en plus il y l'existence de l'existence du néant.

Poursuivons, il y a :

  • Le néant.
  • L'existence du néant.
  • L'existence de l'existence du néant.
  • L'existence de l'existence de l'existence du néant.
  • L'existence de l'existence de l'existence de l'existence du néant.
  • L'existence de l'existence de l'existence de l'existence de l'existence du néant...

Et ainsi de suite jusqu'à la consommation des temps. Rien de ce qui existe ne peut être dépourvu d'existence. Si le néant existe, alors il possède une existence, qui elle même possède une existence, qui elle même...

Bref, le néant n'existe pas « tout seul ». Il y a d'une part l'existence du néant, c'est-à-dire qu'il a le néant lui-même. Et il y a d'autre part les existences successives de l'existence du néant, c'est-à-dire l'existence d'autre chose que le néant. Il y a d'une part le néant et il y a d'autre part sa négation.

 

Le néant ne possède ni étendue, ni durée...

...donc sa négation possède une étendue et une durée. Les existences successives du néant, c'est l'univers. L'existence du néant et l'existence des existences successives du néant sont distinctes, mais elles constituent ensemble les deux pôles d'une unité dialectique.

Il y a dans les existences successives du néant quelque chose qui s'étend, qui dure. Il y a ainsi unicité, interdépendance, dialectique, entre le néant, l'espace et le temps.

En outre l'univers ne peut pas se néantiser, puisque sa néantisation entraînerait la création d'une suite d'existences successives du néant. C'est-à-dire que sa néantisation entraînerait la création de... lui-même.

 

Inconscient collectif

Notre félicité métaphysique sera à son comble lorsque nous saurons que du latin « res », qui signifie « chose », proviennent les mots « rien » et « réel ». Des dizaines et des dizaines de générations successives ont ainsi fait pousser, par les évolutions de leur langage, les mots « rien » et « réel » comme deux branches d'un même arbre. Il y a là une sorte de réflexion collective inconsciente, qui semble exprimer la dialectique inexistant / existant.